Le Commissaire REPLET à Aubusson

Il y a une blague de Coluche que j’adore :
« – Le hasard fait bien les choses…- Eh bien ! Vous n’avez pas du être fait par hasard… »
mais même dans ses activités professionnelles les moins motivantes, le hasard peut transformer cette tâche en un réel plaisir lorsque vous faites une telle découverte dans une coupure de presse qui traîne dans un dossier qui a 50 ans : « Les Aventures du Commissaire Replet à Aubusson » publié dans le Populaire du Centre durant 3 mois. (Juillet à Septembre 1959)
Certes ce n’est pas d’une très grande qualité littéraire, mais ce roman inédit fait partie du patrimoine littéraire populaire qu’il faut sauvegarder.31 chapitres de pur bonheur se déroulant dans nos contrées : Aubusson, Felletin, St Quentin… et l’auteur semble bien connaître la région et son Histoire dont le roman est riche de faits, de lieux, de noms que chacun de nous à la lecture reconnaîtrait…
L’histoire : Un meurtre dans le quartier de la Terrade rue Alfred Assolant mettra à jour un trafic international dans lequel l’univers de la Tapisserie sera inextricablement mêlé…


A détenir une telle perle, l’Association Images Innées a tout de suite songé à une édition en livre de poche ; malheureusement, un énorme problème a surgi. Sur les 31 chapitres existants, jamais ne figure le nom de l’auteur. Images Innées est rentré en contact avec le Populaire du Centre afin de connaître l’identité de cet auteur.
Or, à l’heure actuelle, en dehors du fait d’avoir rappelé aux dirigeants du Populaire l’existence de ce roman inédit éveillant en eux une curiosité non dénuée d’intérêt, ces derniers n’ont à ce jour soi-disant retrouvé trace de l’auteur.
Donc si parmi nos lecteurs un de vous connaît l’auteur qu’il nous en fasse part.

De même dans le roman, il est état d’une enquête précédente du Commissaire Replet à Aubusson, si là aussi vous en avez connaissance… vous savez ce qu’il vous reste à faire…

LES ENQUETES DU COMMISSAIRE REPLET

QUAND LE TAPIS VA
Chapitre V – Le mot de Passe

Bien que son pastis fût plus étendu d’eau que ne l’aurait voulu son goût, l’inspecteur Février consentit à y goûter.
– Ma foi ! Semblait-il dire ça va pouvoir aller !
Mais il ne dit rien. Le Commissaire Replet avait rentré la mystérieuse médaille dans sa poche et puis il avait étendu sur la table une carte.
– Qu’est cela ? demanda Février
– Tu ne le vois pas ? C’est une carte d’état-major du coin.
– Une carte d’état-major ?…
– Inspecteur, vous avez l’air un peu plus ahuri que d’habitude, qu’est ce qu’il y a là pour vous étonner ?
Février n’aimait pas beaucoup le commissaire Replet l’appeler « Inspecteur ». Aussi se tint-il un instant coi pendant que le commissaire suivait du doigt une route sur la carte. Pourtant la curiosité finit par l’emporter chez lui et, timidement il déclara :
– Je ne vous connaissais pas cette carte.
– Je ne l’avais pas. Je suis allé chez Redouté, ce matin, pendant que tu n’en finissais plus de déjeuner dans cet Hôtel de France où l’on te gave.
– Chez Redouté ?
– Mais oui, tu sais bien, là où j’achète « Le Populaire » quand nous venons à Aubusson.
– Le « Popu »…
– Je te dis bien que tu es plus ahuri que d’habitude aujourd’hui ! Tu sais pourtant bien que quand nous venons à Aubusson, je prends « Le Populaire du Centre » parce qu’il y a dedans un type qui raconte des choses qui m’amusent.
– Ah ! oui…
– Mais oui, tu sais bien, celui qui dit des choses qui ne veulent rien dire ! Il me fait rire. Il ne le fait pas exprès, mais comme on le prend pas au sérieux le résultat est le même.
– Oui, mais pour la carte ?
– La carte c’est pour étudier un peu le terrain avant de nous risquer du côté de ce château de Maslouis dans le parc duquel s’élève cette chapelle Saint-Philémon qui est sur la médaille.
De nouveau le commissaire sortait de sa poche la médaille mystérieuse pour l’examiner. Il la déposait devant lui sur la carte et se penchait sur elle.Il ne l’observait pas depuis cinq secondes qu’il recevait sur l’épaule une vigoureuse tape pendant qu’une voix jetait à son oreille :
– Quand le tapis va !
– Tout va ! répliqua sans s’en rendre compte le commissaire, son subconscient peut-être influencé par le pays de Martin Nadaud.
Le grand et solide gaillard, auteur de la magistrale tape et de l’interpellation (illisible) et un sourire de connivence et sauta dans un cabriolet sport stationné devant le café et démarra en trombe.
Tout cela s’était passé en moins de temps qu’il n’en fallait pour rendre Février encore un peu plus ahuri.
– Vous… vous le connaissez, patron ? demanda t’il à Replet.
– Que peut bien vouloir dire tout cela ? pensait tout haut celui-ci
– Ca veut dire que cette médaille est un signe de ralliement qui a été reconnu par ce type en sortant du café…
– Et que la tape accompagnée due « Quand le tapis va ! » est quelque chose comme un mot de passe…
– Auquel on répond par : « Tout va ! »…
– Hé oui ! et on est de la bande !
Et le commissaire Replet, tapant sur l’épaule de Février, lui dit :
– Quand le tapis va !
Février répondit :- Tout va !
Et puis il ajouta :
– Et on est de la bande… Mais de quelle bande ?
– De la bande que nous sommes en train de chercher.
– Ah ! parce que nous cherchons une bande ? une bande de quoi ?
– Mais tu l’as dit toi même mon vieux ! Tu as dit que l’affaire de la rue Assolant était un règlement de comptes et un règlement de comptes ça se passe entre deux bandes.
– Parce qu’il y a deux bandes ?
– Qui te l’a dit ?
– Mais vous même, vous m’avez dit qu’un règlement de comptes ça se passe toujours entre deux bandes !
– Va pour deux bandes ! Eh bien ! à nous de les trouver.
– Il nous faudrait d’abord déjeuner ?
– Regarde, il y a là en face une porte qui semble bien accueillante.
En effet, de l’autre côté de la place, on voyait une grande porte surmontée de l’enseigne : « Hôtel Chabrat ».
Février vida rapidement son verre et régla les consommations pendant que le commissaire Replet rempochait la médaille et repliait la carte.
Tous deux se dirigèrent ensuite vers l’hôtel choisi, sûrs d’y trouver une salle de restaurant. Au milieu de la place l’inspecteur Février s’arrêta pour dire :
– Vous avez raison patron : il y a certainement deux bandes rivales.
Il disait cela comme s’il venait d’en avoir la certitude. Tout cela parce qu’il croyait dur comme fer que Replet et lui venaient de découvrir le mot de passe.

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