LIBERTE, Tapisserie de Jean Lurçat, 1943

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Pendant la seconde guerre mondiale, engagé dans la Résistance, Paul Eluard écrit le poème « Liberté ». Il débute le recueil « Poésie et Vérité » paru en 1942 qui recueille des poèmes de lutte. Comme on le faisait pour des armes et munitions, le poème « Liberté » était parachuté dans les maquis.

Jean Lurçat adapte ce poème en tapisserie et en fait une ode à la liberté en plein cœur de l’occupation : Le soleil rayonnant de flammes rouges portant le mot Liberté cache un soleil noir. Des symboles parsèment la représentation : crânes symboles de mort, végétation symbole de renaissance. Le Coq surplombant l’oeuvre est à la fois la France victorieuse et Lurçat lui-même (né à Bruyère et utilisant ce nom comme nom de résistant)

Il existe deux versions de LIBERTE , la première  a été tissée chez Goubely, la seconde tissée dans les ateliers Picaud. Suzanne Goubely dit que les allemands sont entrés dans l’atelier pendant le tissage et, la tapisserie étant tissée à l’envers, ils n’ont pas compris le message alors que les tapissiers eux étaient parfaitement conscients du contexte grave. L’engagement de Suzanne avec cette tapisserie venait entre autres du fait qu’Alfred Gatien,  pilier de l’atelier et résistant, venait d’être déporté à Nuremberg.

Les différences notables portent sur la place du Coq, le serpent biblique symbole du mal qui disparaît, la bordure « décorative » ajoutée dans la tradition aubussonnaise, le texte réduit …


LIBERTE | 2,83 x 3,64 m | Collection du musée Jean-Lurçat et de la tapisserie contemporaine d’Angers

2 Commentaires le LIBERTE, Tapisserie de Jean Lurçat, 1943

  1. Anne Sauvonnet-Salaün // 3 février 2018 á 10 h 35 min // Répondre

    Ce message s´adresse à l´auteur de cet article et à tous ceux qui, à l´avenir, le liront.
    Je viens de découvrir sur internet votre article. Afin de rétablir la vérité, je vous invite instamment à consulter dans Mémoires de la Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse 2015/2016, p. 333-342, l´article «Jean Lurçat – A propos de LIBERTÉ» où je décris de façon détaillée la chronologie de ces deux versions de LIBERTÉ.
    A sa lecture, vous apprendrez
    1) que la première tapisserie tissée en 1943 par Suzanne Goubely-Gatien est celle comportant la bordure et seulement les deux strophes du poème d´Éluard. De plus en bas à droite, à côté de la signature de Lurçat en majuscule figure «7.1943». Cette tapisserie appartient au Centre Pompidou, musée national d´art moderne à Paris ;
    2) que Raymond Picaud (qui n´a commencé à travailler pour Lurçat qu´à partir de 1946) a tissé en 1952 la version très modifiée par Lurçat du carton de 1942. Cette tapisserie fait bien partie de la collection des Musées d´Angers ;
    3) qu´à ma connaissance Alfred Gatien était le cousin de Mme Goubely et non son frère.

    Anne Sauvonnet-Salaün
    chercheuse indépendante originaire d´Angers
    membre de la Fondation Paul Ludwig/Jean Lurçat à Eppelborn en Allemagne

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