Presque un Aubusson chez Balzac (1856)

« Balzac en pantoufles » est un livre de Léon Gozlan (1803-1866). Secrétaire de Balzac, il raconte l’intimité de l’auteur d' »Eugénie Grandet » dans cette biographie. On découvre que les goûts d’Honoré de Balzac pour son décor intérieur dépassait ses moyens mais qu’ils étaient pourtant sûrs puisqu’entre Delacroix, le bois de cèdre et le marbre de Paros, il n’oubliait pas la tapisserie d’Aubusson.

« Sur le mur nu de chaque pièce, il avait écrit lui-même, au courant du charbon, les richesses mobilières dont il prétendait la doter. Pendant plusieurs années, j’ai lu ces mots charbonnés sur la surface patiente du stuc  :

  • Ici un revêtement en marbre de Paros,
  • Ici un stylobate en bois de cèdre,
  • Ici un plafond peint par Eugène Delacroix,
  • Ici une tapisserie d’Aubusson,
  • Ici une cheminée en marbre cipolin ,
  • Ici des portes façon Trianon,
  • Ici un parquet mosaïque formé de tous les bois rares des îles.

Ces merveilles n’ont jamais été qu’à l’état d’inscriptions écrites au charbon. Du reste, Balzac permettait la plaisanterie sur cet ameublement idéal, et il rit autant, et plus que moi, le jour où j’écrivis en plus gros caractères que les siens, dans sa chambre même, aussi vide que les autres chambres :
ICI UN TABLEAU DE RAPHAËL, HORS DE PRIX, ET COMME ON N’EN A JAMAIS VU. « 

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