Expérience MOOCAZ | Semaine Trois

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Je m’aperçois que je réécris un peu le temps avec mes articles sur le MOOCAZ. Tout n’est pas tout à fait dans l’ordre mais ça me permet de garder le fil de certains sujets et de ne pas avoir une lecture trop hachée. Merci aux connaisseurs de ne pas m’en tenir rigueur, la globalité est là. La troisième semaine de la formation est intense. Elle est consacrée aux ressources pédagogiques et Matthieu laisse la place à une nouvelle tête : Rémi Sharrock. Enfin, une tête … non : 19 têtes !! 3 pages de vidéos sur les vidéos pédagogiques ! Grosse angoisse à première vue, ces visages statiques s’affichant en chaîne, pour quelqu’un qui a dit au préalable que la vidéo n’était pas un de ses outils naturels.

L’explication des différents formats de vidéos pédagogiques est pourtant efficace dans le but de développer un MOOC : la vidéo est un des supports essentiels, on l’a bien compris, il permet à la fois de transmettre et personnaliser. C’est une sorte de conférence à lecture individuelle mise en ligne vers le plus grand nombre. Le MOOCAZ ne s’y trompe pas : ses vidéos sont disponibles sur Youtube et donc ouvertes à tous. Le forum permet de discuter des usages de chacun dans ce domaine : logiciels utilisés, outils (prompteur , prise de son …), etc. On voit particulièrement là l’inégalité d’usage car certains inscrits font partie d’institutions avec des moyens et donc du matériel, des logiciels… d’autres se servent d’outils gratuits, libres, parfois en ligne. Le MOOCAZ pousse aussi à tester des services ou logiciels préconisés par le collectif, (et une raison de plus d’y passer plus de temps que prévu, une !) et le collectif est souvent particulièrement de bon conseil ( A ce sujet, Matthieu propose justement pile « conseils et astuces pour vos vidéos »).

Une fois la question des outils résolue, il reste le fond : montrer sa tête sur le réseau pour enseigner. C’est pour moi, LA question. Est-ce bien nécessaire ? utile ? N’est-ce pas une dérive de notre société de médiatisation plutôt qu’un chemin naturel de l’enseignement. Cette question est toujours en train de me travailler mais les nouveaux usages du numérique ont tendance à aller dans toujours plus d’utilité : reconnaissance de l’enseignant, du formateur dans son statut, son rôle, sa qualification : Certaines conférences vidéos attirant des tonnes de lecteurs juste grâce à l’intervenant expert. J’y reviendrais donc.

Le Travail de cette semaine :  les participants engagés dans le parcours “Création de MOOC” doivent rédiger le script de leur teaser. Teaser ? « Type de leurre utilisé dans la pêche à la traîne. » Appât quoi … En fait,  je dois rédiger un script d’appât pour attraper des gens et les pousser à s’inscrire à mon futur MOOC … Dans le langage courant cinéma, un teaser, c’est une bande-annonce, avec un arrière goût de marketing : Quelque définition que l’on prenne, c’est un appât quoi … L’enseignement serait-il obligé de glisser vers la manipulation mentale pour attirer à lui ? Ou juste d’utiliser les méthodes publicitaires pour tenter de « vendre » son savoir ?

Ce qui m’intéresse dans le sujet, c’est le mot « rédiger ». Ecrire une histoire pour donner envie de s’intéresser à un sujet de MOOC, c’est toujours écrire une histoire et ce n’est pas pour rien que ma petite association, avant de devenir éditeur, a débuté en atelier d’écriture : écrire, c’est ma gymnastique  mentale. Je propose une sorte de script « machine à remonter le temps » qui permettrait d’explorer le « MOOC Histoire de la Tapisserie d’Aubusson » selon une timeline prédéfinie cela afin de glisser un peu d’épique, moteur de l’imaginaire.

Le débat de cette semaine porte sur la qualité des MOOC. Qu’est-ce qu’un bon MOOC ? Comment savoir qu’un MOOC a été un succès ? Sur quels indicateurs se baser ? On rejoint là cette capacité d’auto-évaluation qui me faisait douter de l’évaluation par les pairs : un bon MOOC, c’est un MOOC qui va me permettre de développer mes compétences. Ce point de vue est très personnel, centré sur l’individu et non sur le collectif. Il est centré sur l’inscrit et pas sur l’équipe conceptrice du MOOC mais il n’en est pas moins valide : Malgré l’aspect collectif, l’équipe pédagogique doit avoir un objectif qui est bien d’apporter un savoir à chacun au travers de tous.
Cette semaine, le MOOCAZ prend aussi un aspect collaboratif, voire parfois revendicatif, dans l’organisationnel : on discute des horaires de Hang-Out, de la possibilité de rendre les devoirs après la dead-line (saleté de vacances ou de week-end prolongé !), des critères pour obtenir l’attestation de participation mais tout cela n’est que gentillesse pour cacher le fait que le nombre minimal de mots pour les devoirs passe de 700 à 1000. Quand on trouve déjà que c’est un peu court pour exprimer nos vues, 300 mots de moins, ça fait mal. Les MOOC comme obligation de précision ? Bien, à condition que ce soit aussi des lieux de clarté et, à ce que je lis au cours de mes évaluations, on est loin du cas parfois.

Je n’ai pas une grande culture (non, la phrase ne s’arrête pas là.) scientifique et quand je lis certains travaux, cadrage ou scénarisation, je me dis que c’est bien beau d’écrire MASSIF dans MOOC mais si le parcours est déjà totalement obscur, je ne vois pas comment ça ouvrirait à tous … Du coup, pour mes évaluations, je laisse peu de place au hasard : je me sers du formulaire qui donne les numéros des MOOC à évaluer plusieurs fois et je vais vers ceux qui me donnent des raisons de les évaluer, pas forcément les plus faciles, parfois les plus improbables au départ : « Développement du caractère par les valeurs », « MOOC Bases de l’Intelligence Artificielle Développementale », « Apprendre à s’aimer » ou l’étonnant « Préparation à l’accouchement » … Certains me poussent à être intuitif, d’autres me demandent recherches avant de donner mon avis (et allez ! encore une raison d’y passer plus de temps que prévu !), la plupart m’oblige à calmer mon ardeur de formateur/jury : un rendu bourré de fautes de français se révélant par exemple être un gros travail de la part d’un étranger. Mesurer qualité du rendu, aspects pédagogiques, organisationnels … et aussi, au travers d’un document, capacité à faire et à ouvrir à tous, n’est pas si simple. Ce sera le deuxième bémol de mon expérience de l’évaluation par les pairs : 1. ce que j’en retire pour mon propre travail : frustrant. 2 ce que je donne au travail des autres : frustrant. Bon, ça va devenir le maître mot de ma vision du MOOCAZ si je continue mais cela s’explique par la grande différence entre le MOOC et ma pratique pro : un temps, je « vis » avec mes stagiaires sur une durée plus ou moins longue selon l’objectif, je les vois évoluer au fil des jours ou des semaines tout au long de mes apports et je peux orienter, réorienter, ajuster. Sur le MOOC, c’est l’instant qui compte et le peu de fil conducteur que l’on arrive à générer se fait à l’extérieur : Google+ est le lieu de discussions, d’échanges qui crée réellement le lien entre participants. On apprend à connaître les irréductibles, les sérieux et ceux qui sont sensibles à une certaine forme d’humour (la mienne, je ne peux m’empêcher de « désacraliser les temples »).

Au passage, l’équipe pédagogique nous intéresse au MOOCAMP Day, une journée d’échanges consacrée à la sélection – par les professionnels et par le public – et à la conception de MOOCs. Le 14 juin, FUN organisait son deuxième MOOCAMP Day, dans sept villes (Brest, Lyon, Montpellier, Nancy, Paris, Toulouse et Tunis). C’est dans ces moments que l’on se sent loin de tout en Creuse, voire en Limousin.

En ce qui concerne les Vidéos, Audrey Ego continue ses cours sur la propriété intellectuelle. En bon formateur, j’ai déjà intégré cette partie de cours car c’est une problématique à laquelle j’ai été confronté et pour laquelle j’ai tenté de sensibiliser la structure dans laquelle je travaille. Même si je les visionne, je n’accorde donc pas plus de temps à cela : j’ai déjà parlé de l’essentielle capacité à ne pas tenter de s’immerger dans l’ensemble de ce qui compose un MOOC.

A suivre.

Les images d’illustrations sont des copies d’écran du MOOCAZ sur F.U.N., les deux premiers articles avec Matthieu Cisel, cette semaine avec Rémi Sharrock.

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