Mettre en place une stratégie d’autoformation de formateur

“Il n’y a d’apprentissage véritable qu’en autoformation”

Philippe Meirieu

Cette phrase en exergue peut prêter à discussion puisque l’on sait aujourd’hui que la collaboration joue un grand rôle dans la structuration des savoirs personnels mais, en tant que formateur, je considère que l’autoformation permanente, qu’elle soit Autoformation, Autodidaxie, néo-autodidaxieApprentissage informel … est une base de mon métier.

Pour cela, diverses pratiques ont défini ma méthodologie de l’apprentissage individuel et il me parait intéressant de les partager :

Dans ma (lonnnnnngue !) carrière de formateur, j’ai vu passer des vagues de techniques, méthodes, préconisations de formation. J’ai vu arriver Internet (et même entendu que ce « truc » ne durerait pas et que ce n’était pas trop la peine de s’investir là-dedans …). En andragogie, j’ai aussi suivi le mouvement de la diversification des thèmes et de la transversalité. Je me retrouve à former sur des structures et pour des publics très différents, sur des thématiques diverses allant du Français à l’Histoire de l’Art en passant par les usages du Numérique, le tout avec toujours un objectif d’insertion professionnelle et aujourd’hui d’inclusion numérique.

Garder un savoir immuable, ne pas se poser de questions sur mes propres compétences aurait été suicidaire professionnellement.

Dans ma campagne, je suis pourtant assez loin des réseaux d’échanges de savoirs et les propositions des plans de formation annuels sont souvent loin de l’adaptation à nos problématiques de terrain ou avec des problèmes de latence institutionnelle (« Comment ? vous ne suivez pas la formation Office 365 ? euh, ben comment dire ? J’ai pas attendu, je suis déjà certifié par Microsoft… »).

J’ai donc petit à petit mis en place une stratégie d’autoformation qui me permettait de toujours être un « bon formateur » adapté aux besoins des apprenants, à mon environnement, aux évolutions du monde et des méthodes pédagogiques.

Ma veille technologique : Les réseaux sociaux

On dit beaucoup de mal des réseaux et certains collègues freinent un peu à l’idée d’un usage pertinent à cause de la médiatisation des harcèlements, trolls, haters, voire juste usages trop liés aux problématiques du quotidien. En fait, si l’on applique la théorie des bulles de filtre et que l’on se fait des comptes adaptés à une thématique, c’est un fantastique outil de veille. Cela peut s’appliquer à n’importe quel thème mais il se trouve que celui de la formation, de l’éducation, de la médiation numérique est assez prolixe. Dans mon cas, même si j’ai quelques contacts facebook très liés à cet univers et que LinkedIn me permet de suivre l’actualité de mon réseau proche, j’ai choisi Twitter pour me forger un réseau de personnes à suivre dans les thématiques éducatives.

C’est une source infinie d’expériences partagées, de liens vers des bonnes pratiques et d’expertises. Particulièrement chronophage (mais quelle méthode de formation ne l’est pas ?), je m’en sers souvent en mobilité via mon téléphone, sur des petits temps libres.

Pour garder la trace de choses qui me marquent et qui risquent d’être rapidement noyés dans le fil des posts, je les like, les partage de façon à pouvoir les retrouver ou j’utilise la méthode Archive que l’on verra plus loin.

Mon développement de compétences : Les MOOC

Pour rester dans la communication actuelle de la plateforme, en ce qui concerne l’évolution de mes compétences, je suis devenu Fan de Fun. France Université Numérique est la plateforme des universités françaises. Elle propose régulièrement des formations en ligne ouvertes à tous liées à l’éducation, la formation.

Ce sont chaque fois des points de vue pertinents, experts car les universités qui portent ces MOOC font appel à des sommités, sur la méthodologie de formation, les activités, les parcours ? Souvent immersifs pour les meilleurs d’entre eux car ils proposent vidéos, ressources, activités individuelles ou collaboratives, ces MOOC sont non seulement particulièrement adaptés à ma façon de voir la formation mais ils sont à eux-mêmes une leçon de construction, un modèle de formation en ligne.

Le premier intérêt, c’est la transmission de savoir : On utilise tous Youtube pour suivre des tutos divers, un MOOC fonctionne d’abord de cette façon : une vidéo d’expert présente une méthode, une technique, un point de vue, une orientation, une expérience.  Elle s’enchaîne avec d’autres vidéos qui forment un tout thématique. On peut se contenter de cela et passer à des mises en pratique personnelles mais le MOOC va plus loin : Il vérifie vos acquis par des quiz et des activités diverses : tests et prise en main d’outils, proposition de parcours, construction de cours, rédactionnel sur des méthodes, etc, selon le MOOC. Particulièrement efficace puisque toujours accompagné par la possibilité de questionner un forum où l’on peut trouver aussi bien l’équipe pédagogique du MOOC que des experts ou des pairs plus avancés.

C’est au cours de travaux sur ces activités, parfois collaboratives, que j’ai le plus remis en question mes pratiques en formation. C’est aussi au cours de celles-ci que j’ai fait des rencontres virtuelles et travaillé avec des personnes qui m’ont beaucoup apporté par l’échanges de pratiques et de points de vue sur la formation. S’ouvrir aux autres, avec des problématiques, des environnements et des apprenants différents est très formateur. Chaque fois, cela permet une transférabilité presque immédiate dans mes pratiques professionnelles.

Dans les MOOC qui m’ont le plus apporté, je peux citer le MOOC EMPAN et évidemment le MOOC Transition Educative sur France Université Numérique qui ont des sessions régulières mais avec en moyenne une attestation de MOOC par mois, je ne me limite pas et cherche plutôt à découvrir et ouvrir au plus large mes champs d’apprentissage.

Mes archives professionnelles :  Mails et Google Drive

En suivant des comptes experts ou en participant à des MOOC, on se retrouve avec des tas de fiches pratiques, de méthodes ou de données sur des thématiques éducatives diverses.

La plupart sont sur Internet et ne demandent pas de récupération ou de stockage. Il faut juste en garder le lien. Pour cela, je n’utilise pas de système de favoris ou de plateformes de Bookmarks. J’ai testé mais c’est vite encombré, pas clair et surtout la plupart des liens deviennent vite inutiles.

Pour garder un lien intéressant, j’ai créé un mail Gmail à cet effet avec des dossiers thématiques et des filtres. Je copie le lien et sa description : date, usage, … dans un mail et je me l’envoie. Cela me permet de retrouver facilement les données par le moteur de recherche de mail. J’ai juste la contrainte régulière de faire un tri mais c’est un système assez souple et plutôt agile.

En ce qui concerne les Pdf, livres blancs et autres supports dont je crains qu’ils puissent disparaître du web, je les stocke dans des dossiers sur le drive associé au même compte que le mail.

Accessible depuis mon téléphone, facilement partageable, il m’arrive régulièrement d’utiliser la même technique avec un groupe d’apprenants pour leur mettre des ressources à disposition.

L’usage de Google peut être discutable (vol de données, sécurité douteuse, aspect professionnel gommé …) mais ma structure ne me propose pas d’outils de stockage pertinent et cette démarche est de toute façon personnelle. Du coup, les aspects positifs de cet outil (facilité d’usage, pertinence des outils proposés, partage facilité …) l’emportent sur les craintes d’aider à créer des “monstres numériques”.

Mes pratiques et outils : tester, tester et re-tester

Dans ma démarche de formation, la pertinence des outils utilisés est essentielle. Si je propose un usage, une méthode, je me dois de l’avoir testé avant et d’avoir essayé d’autres outils, des alternatives pour évaluer l’intérêt de l’un par rapport à l’autre. Pour cela, j’ai évidemment une boite à outils privilégiée (J’en partage quelques-uns ici et je reviendrais sur le concept de boite à outils) mais, au vu de l’évolution du net, je me donne la possibilité de faire évoluer cela. Que ce soit mes usages de LMS tels que MOODLE, d’applications ou de logiciels, c’est au bout de nombreux tests, essais que j’accorde crédit à une pratique et que je peux la préconiser à mes apprenants ou en situation de cours.

A ce sujet, je trouve que les préconisations institutionnelles sont trop souvent liées à un brouillard : qui teste, qui valide, qui entérine les usages pédagogiques ? Des partenariats comme celui entre l’Education nationale et Microsoft, par exemple, ne paraissent juste pas liés à des usages enseignants mais clairement à autre chose. Du coup, je préfère suivre des testeurs, comme François Jourde ou Marco Bertolini, des plateformes comme Sydologie ou l’atelier du formateur, qui partagent de plus en plus leurs boites à outils, créent des tutos, échangent sur le sujet.

Et puis, à partir de cela, me faire ma propre opinion, toujours proposer une solution et des alternatives, pousser à tester soi-même et échanger les bonnes expériences afin d’évoluer là aussi. Sur le Laboratoire des Apprentissages du Numérique, labellisée Grande Ecole du Numérique, on se fait des séances-tests en prenant un cas pratique d’usage et en testant tous les outils qui peuvent répondre à cet usage. Une grille de critères est remplie et on évalue l’intérêt d’un outil par rapport à l’autre. Cet échange de points de vue est de plus souvent assez ludique et les apprenants se prennent à ce jeu jusqu’à en faire une démarche professionnelle.

Voila donc quelques pistes de structuration d’autoformation formateur. J’y reviendrais mais si vous avez une autre vision ou d’autres méthodes, n’hésitez pas à laisser un commentaire.

 

2 commentaires


  1. Hey ,
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    Note: L’article ne doit pas être un texte comme sponsorisé ou faire de la publicité ou comme ça

    À votre santé
    Anto Desouza

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