Construire un learning lab comme vecteur d’innovation pédagogique ?

Dans le cadre du MOOC Transition Éducative, un défi-projet sert d’activité fil rouge à la réflexion autour de ces transitions. En tant que modérateur, j’ai lu avec intérêt les divers défis des inscrits et parfois orienté certains. En ayant suivi ce MOOC l’année dernière, je ne voyais pas me lancer dans ces activités … et bien, raté !

Ces activités sont d’abord très différentes de celles de l’année dernière et puis les propositions de travail de quelques inscrits étaient très tentantes, notamment parce qu’elles rejoignaient certaines de mes problématiques du moment.

Sur la formation “Laboratoire des Apprentissages du Numérique” de Guéret, labellisée “Grande Ecole du Numérique“, le Greta du Limousin travaille avec un tiers-lieu local, la Quincaillerie Numérique, des chefs d’entreprises, des associations, des collectivités …

Cet esprit particulier de partage, de collaboration, de co-working était au cœur du dépôt de ce projet de formation avec comme point de mire les learning labs, ces lieux d’expérimentation en innovation pédagogique.

On en retrouve l’esprit dans les Educlabs, tiers lieux pédagogiques qui constituent les nouveaux relais locaux de la DANE de Caen auprès des établissements et des équipes pédagogiques, dans la coopérative pédagogique qui expérimente en Bretagne de nouveaux modes de formation et d’échanges autour de la pédagogie, le travail collaboratif entre enseignants ainsi que dans le Learning lab Network.

Mais, même si le maillage territorial local par les tiers-lieux est dense et structuré par le réseau TELA, cette trace “innovation pédagogique collaborative” n’est pas encore assez présente dans notre ruralité. Pourtant, au delà de la Creuse, le phénomène des « tiers lieux » s’impose à l’Etat et des missions ouvrent le chemin pour faire ensemble pour mieux vivre ensemble.

Il se trouve que sur ce MOOC, une problématique transparaissait à la lecture d’un certain nombre de propositions de défis  : Elle repose sur la création de communautés territorialisées d’apprentissages. On y lisait par exemple : “Comment faire d’un bassin un territoire éducatif apprenant, comment créer cette communauté apprenante regroupant (asso, EN, mairie..) quels outils, quelle méthodologie?”, “Faire coopérer des partenaires qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble (E.N, privé, instituts de formation, ministère du travail…) au niveau local”,  “Créer un territoire apprenant inter catégoriel et une communauté de ressources”, “Comment travailler en zone rurale, face à l’isolement et la désertification?”

Cela m’a décidé à ajouter mon mail comme collaborateur potentiel sur certains de ces défis. J’y ai vu 3 mails récurrents, je les ai donc contacté et, même si chacun(e) avait déjà une bonne idée du défi à mener individuellement, la volonté d’échanger était forte. Nous nous sommes donc retrouvé 4, Ségolène Durand, Claire-Marie Greiner, Valérie Decant et moi-même sur un fichier partagé (Google Doc) proposé par Ségolène avec comme thème central “Créer un tiers-lieu pédagogique comme moteur du changement“.

Sur une construction de ce type, learning lab, tiers-lieu pédagogique…  l’essence même, c’est le regroupement de diversités de statuts : enseignants, formateurs privés, publics, associatifs, d’entreprise … intervenants sur divers thèmes, matières, avec une diversité géographique la plus large possible. Le tout pour se rejoindre dans un lieu précis sur un objectif commun : partager sa vision de l’innovation pédagogique.

Le gabarit proposé sur le MOOC pour structurer le travail du défi était très clair, les méthodes (SWOT et SMART par exemple) bien décrites au fil du MOOC. Il restait à formuler un objectif, en évaluer les Forces, Faiblesses, Opportunités et Risques et à réaliser une cartographie des acteurs. J’ai été un des rares à sortir du cadre du gabarit proposé en jouant avec les formes et les couleurs. Cela m’a permis de mettre en lumière une des contradictions des inscrits : Volontaires pour innover mais s’il y a un cadre ?

Sur le plan de l’évaluation par les pairs, j’ai été évalué deux fois avec un 20/20 et un 16/20. C’est assez drôle puisque les principaux apports sont ceux que justement je tente de dépasser par mon action : que je ne présentais l’institution que comme un frein, que je ne mettais pas assez en avant les apports internes établissement et que je n’avais pas de vision globale … En parlant de contradictions, celle qui concerne l’incapacité à se sortir de son établissement scolaire pour se nourrir de points de vue, d’expériences externes est une des principales ressenties sur ce MOOC à la lecture du forum. cette évaluation allait pile dans ce sens, mais c’est aussi le sens de ce MOOC que d’être orienté et proposé à des enseignants, chefs d’établissements, plus que des formateurs comme moi qui ne travaillons pas en établissement mais bien avec la société civile.

La suite ? Développer un Pecha Kucha de présentation du projet. On en reparle donc.

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